advertance


advertance

⇒ADVERTANCE, ADVERTENCE, subst. fém.
THÉOL., vx, rare. Attention avec laquelle on surveille ses actes sous l'aspect du bien ou du mal. Anton. inadvertance.
1. Lucidité d'observation :
1. Au matin de la cérémonie, à mon réveil, je jouissais assurément, bien qu'ayant peu dormi, de toute l'advertance et de toute la volonté nécessaires, soit pour retirer mon consentement, soit pour le continuer, de même que pour suivre le développement des rites sacrés, en apprécier la sainteté et en recevoir les fruits.
A. BILLY, Introïbo, 1939, pp. 173-174.
Spéc. Attention que le pécheur accorde au péché en le commettant, conscience claire qu'il a du caractère peccamineux de l'acte.
2. Extrême prudence, vigilance dans l'action :
2. ... mais leur bête noire fut le P. Paton qui supprima leurs derniers bénéfices, en refusant aux étrangers la permission d'explorer la solitude du cloître; lui, était peu facile à émouvoir; il usa cependant d'advertance, en affublant les trois convers qui devaient rester à demeure avec lui dans les bâtiments vides, de costumes civils.
J.-K. HUYSMANS, L'Oblat, t. 2 1903, p. 254.
Rem. 1. Certains dict. (Ac. Compl. 1842, BESCH. 1845) enregistrent en outre le sens de « avertissement, notification ». Cf. étymol. 2. BESCH. 1845 : ,,Nous ne comprenons pas pourquoi ce mot est omis dans le dict. de l'Acad. surtout, puisqu'on y trouve inadvertance. Advertance est peu ou point usité; c'est dommage; il serait bon de le réhabiliter.`` Attesté en outre ds LITTRÉ Suppl. 1884, DG, Nouv. Lar. ill. et suiv.
Prononc. ET ORTH. — Dernière transcription ds DG : ad'-vèr-'. — Rem. L'ensemble des dict. du XIXe s. écrivent le mot avec -ance; DG : -ence.
Étymol. ET HIST. — 1. a) XIVe s. avertance « action de porter son attention sur qqc. » (P. BERSUIRE, Roman de Tite-Live ds GDF. s.v. :par non avertance et faute d'avisement) (Cf. FÉR. Crit. t. 1 1787 : Il est vieux, et c'est dommage : ce mot serait très utile et attention ne le suplée pas), repris par LAND. 1834; b) XVIIe s. advertance ou advertence, spéc. en théol. « attention du pécheur au péché qu'il commet » (A. ARNAULD, 5e dénonciation, X ds LITTRÉ s.v. :il faut distinguer si c'est sans sa faute ou par sa faute qu'il [le pécheur] n'a point eu cette advertance actuelle du mal qu'il faisait); 2. 2e moitié XVe s. advertance « avertissement » (Mystère des Actes des Apôtres, vol. 1, f° 135 b ds GDF. Compl. :Si les grans dieux par leur clemence Vous ont huy donné advertance De chose seurement fondee), vx d'apr. Trév. 1771.
Aux sens 1 a et 2, formé sur le rad. du lat. advertere, cf. avertir; au sens 1 b, peut-être empr. au lat. scolast. advertentia (cf. DG s.v. advertance et DU CANGE s.v. advertentia).
STAT. — Fréq. abs. litt. :2.

advertance [advɛʀtɑ̃s] n. f.
ÉTYM. XIVe, « fait de porter attention », dér. sav. du lat. advertere, ou lat. relig. advertentia, de advertere.
Vx ou théol. Attention que le pécheur porte à son acte en le commettant. Conscience (claire).
Archaïsme littér. Lucidité, vigilance (cf. Huysmans, A. Billy, in T. L. F.).
CONTR. Inadvertance.

Encyclopédie Universelle. 2012.

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